Moins de stages et de jobs : la pub se ferme aux jeunes talents

Moins de stages et de jobs la pub se ferme aux jeunes talents

Les stages en chute libre

Pendant longtemps, les stages étaient la porte d’entrée dans le marketing et la publicité. Mais aujourd’hui, ils disparaissent à vue d’œil. Selon Live Data Technologies, le nombre de stages dans les agences de communication américaines baisse chaque année depuis 2022. Même le pic habituel de l’été s’essouffle : en juin 2022, il y avait 125% de stagiaires en plus qu’en janvier ; en 2025, la hausse n’est plus que de 40%.

Des groupes comme IPG, Omnicom, Digitas ou Starcom sont concernés. En cause : la réduction des coûts, les vagues de licenciements, et surtout l’automatisation par l’IA. « L’arrivée massive de l’IA a fait disparaître de nombreux postes juniors. Les entreprises privilégient désormais les profils confirmés », explique Justin Roberts, Vice-Président chez Kepler.

Marketing and Advertising Internships in 2025

 

Les jeunes sont de moins en moins représentés dans le secteur 

Cette chute des stages reflète aussi une réalité plus large : les jeunes sont de moins en moins présents dans la pub. En 2019, les 20–24 ans représentaient 10,5% des effectifs. En 2024, ils n’étaient plus que 6,5%, leur plus bas niveau depuis 2020. Dans le même temps, l’âge moyen dans le secteur est passé de 38,5 à presque 40 ans.

Share of US Advertising Industry Employees Aged 20=24 Years Old in 2025

Et ce phénomène dépasse le monde de la publicité, du marketing et de la communication. Aux États-Unis, le chômage des diplômés de 22 à 27 ans est désormais plus élevé que celui de la population générale. Une première depuis plus de 30 ans, alors que les jeunes diplômés étaient jusque-là mieux lotis.

Marketing and Advertising Employees by Job Level in 2025

 

L’ombre grandissante de l’IA

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution : fusions d’entreprises, incertitudes économiques… Mais c’est bien l’IA qui change la donne. L’automatisation a supprimé nombre de missions jusqu’ici habituellement attribuées aux plus jeunes talents. Depuis 2022, les postes « staff » (employés de base) ont chuté de plus de 10 % dans la pub, alors que les postes de managers et de directeurs restent stables.

« Le manque de postes juniors a un effet boule de neige : sans postes débutants à pourvoir l’an prochain, il y aura forcément moins de stages cette année. » résume J. Scott Hamilton, PDG de Live Data Technologies.

 

Quelques exceptions

Heureusement, certaines agences investissent encore dans la relève. Le groupe Stagwell affirme même que son programme de stages s’agrandit : il a accueilli environ 150 stagiaires et apprentis cette année, et compte renforcer ses partenariats avec les universités.

De son côté, l’agence indépendante Kepler propose « Kepler U », un programme gratuit de huit semaines qui forme les futurs marketeurs avec des ateliers pratiques et du mentorat. Depuis 2021, plus de 300 jeunes y ont trouvé un emploi à temps plein. « Les jeunes professionnels sont la colonne vertébrale de notre industrie depuis des décennies », rappelle Justin Roberts. « J’espère vraiment que l’on ne perdra pas de vue leur importance dans les années à venir. »

 

Et demain ?

Si les agences n’investissent plus dans les juniors aujourd’hui, on peut se demander qui seront les seniors de demain. Le risque est clair : un secteur qui vieillit perd en diversité d’idées et peine à se renouveler.

Faut-il continuer d’attirer et de former la jeune génération aux métiers de la communication si les portes d’entrée se ferment ? Au lieu des les remplacer, comment l’IA peut elle accompagner les talents émergents ? Qu’en pensez-vous : est-ce une simple crise passagère ou une transformation durable de notre industrie ?

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